Il y a très longtemps, en 2017, à Béthune…

Pendant 8 semaines, à l’initiative de la Comédie de Béthune, le collectif Karakol a relevé le défi d’aller explorer les quartiers du Mont Liébaut et des « 3 Ilots  » à Béthune.

Pour ce projet, les quatre acolytes de Karakol se sont faites archéologues de l’imaginaire. Munies de leur bureau-vélo, appareils photos, micros, papiers, crayons, elles sont allées à la rencontre des lieux et de leurs habitants. Elles ont fouillé, chercheuses obstinées et méticuleuses, pour mettre au jour l’imaginaire de la rue. C’est que ce n’est pas un travail facile ! Car dans les rues, l’imaginaire est enfoui, abîmé, par des couches de béton, de bruits, de pollution, de vitesse, de portes fermées, de manque de temps… Et pourtant… il est bel et bien là, comme en témoignent les découvertes qui vous sont présentées.

L’imaginaire, la fantaisie, la poésie, le rêve, sont partout. Il suffit de savoir les débusquer !

 

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Le bureau-vélo, outil de collectage crée pour la mission

Le processus de collecte

Comme pour les archéologues ordinaires, la première étape, c’est de bien préparer la mission : on se renseigne, on repère un coin intéressant et on observe… On prend plein de notes, on regarde des cartes, on lit des bouquins, on parle avec des gens et on commence à se faire un plan « d’attaque ». Un plan de fouille.

Quand tout est prêt, on peut y aller… Un matin de préférence. Parce que le matin, tout est plus calme, il fait frais, il n’y a pas trop de monde, on peut prendre son temps.

Première étape : désherber. On s’occupe de ce qui se trouve en surface, c’est ce qu’il y a de moins difficile. DSCF4881

« Aujourd’hui on ne se parle plus dans la rue, qu’en pensez, vous ? » Notre hameçon est jeté. S’y laisse prendre qui veut !

Alors, il s’agit tout simplement d’inviter les gens à regarder autour d’eux et à nous dire ce qu’ils voient, puis ce qu’ils ressentent. On recueille tous les mots de la rue : mots d’architecture, objets, textures, matières, personnes, gestes, actions, bruits, sensations… Les langues se délient, notre lexique-inventaire du quartier grandit. Il nous servira de base pour s’aventurer un petit peu plus profondément dans l’imaginaire lors de notre troisième phase de fouille.

Deuxième étape : rasetter (gratter la surface avec une binette de façon à faire apparaître les premiers vestiges sous la couche de terre arable).

On commence très délicatement à gratter la surface. Les toutes premières traces d’imaginaire commencent à « sortir ». Il faut être très attentif et très prudent car cet imaginaire-là est très fugace, très fragile… On peut facilement passer à côté !

Commençons par une promenade ABCDaire. « Regardez, le toit de cette maison, en fait, c’est pas un toit. C’est un  W  ! »  Et c’est parti pour la chasse aux lettres dans tout le quartier.

Et si le quartier était un animal ? Une couleur ? Une saveur ?

 

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Troisième étape : fouiller, couche par couche, de plus en plus profondément, aussi profondément que les financements le permettent… et la météo aussi … et le calendrier…

Sous le quartier, qu’est-ce qu’il y a ? et encore plus bas ? …et encore plus bas ?…et encore plus bas ? « – Quoi ?! Mais on peut pas descendre si bas ! »

À Bristol, une mémé a dévoré tout le poulet, un chat a boudé, un balcon s’est écroulé, un mur s’est cassé la figure, des poubelles se sont renversées, un saule s’est débranché, alors tous les gens de la cité se sont figés…

Rue de Lille, les murs disent aux voitures : « mais chut ! Faîtes moins de bruit ! Vous nous empêchez de rêver ! »

Au Mont Liébaut, l’Arche de la Communication se change en Arche de Noé, mais pour nous sauver de quoi ???

Mont sans Pareil à moi, tes rosiers en ronds-points malades et volets aboyant l’espoir mineur. Regarde : les lampadaires de plain-pied disputent les compteurs à gaz !

Ça y est, l’imaginaire est là ! Les images fleurissent. « On taille les haies et on se balance des poèmes ! »

 

Après 10 jours très très courts de « post-fouille » : tri, analyse, dessins, ateliers d’écriture, réécriture, mise en forme, nous y voilà.

Une exposition présente les résultats des différents « chantiers » menés aux « 3 Ilots » et au Mont Liébaut. On pourra également retrouver au cœur de ces quartiers quelques perles poétiques d’habitants issues de nos recherches. Une carte de promenade à caractère poétique guidera les plus téméraires d’entre vous dans leurs explorations.

Au fil du projet, nous avons tenu un carnet de bord que vous pouvez suivre ici :

http://www.comediedebethune.org/rdv-13-juillet-mont-liebaut-karakol/

 

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